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Les noms des rues du bourg de Locmariaquer
sont des rappels des principales batailles de la guerre de 1914-1918
ou de noms qui s'y rapportent.
La rue de Reims
LE LIEU des batailles
La « Ville Martyre » de la Marne.
Régulièrement bombardée pendant la guerre, la ville sera détruite
pratiquement entièrement.
Sa célèbre cathédrale où étaient couronnés les Rois de France pourra être rendue
au culte dès 1927
grâce aux donateurs américains oui financeront sa reconstruction.
La ville de Reims est décorée de la Légion d’Honneur
en août 1919.
Document de DEAT Marcel, Mémoires politiques, Denoël, 1989.
« En octobre 1922,
Reims était un immense chantier :
quatorze mille maisons avaient été détruites
ou
gravement endommagées, et les bâtiments publics n’avaient pas été épargnés. Nous
avions traversé la ville
au lendemain de l’Armistice, et nous n’avions vu qu’un champ de ruines d’où
émergeait la masse dolente
et magnifique de la « cathédrale martyre », comme disait un ordre du jour de la
division, lequel nous
invitait à la regarder en passant […] A deux reprises, depuis 1920, j’avais revu
les ruines, un peu déblayées
avec de-ci de là de hâtives réparations. Cette fois, c'était un hérissement
d'échafaudages, et partout des
compagnons qui [...] travaillaient dur, raclaient à grand bruit la pierre ou
alignaient des briques, tandis que
tombereaux et camions cahotaient lourdement sur les pavés disjoints. Par temps
sec, une poussière
impalpable et âcre envahissait l'atmosphère et saupoudrait la ville ; dès qu'il
pleuvait, une boue blanchâtre
et poisseuse recouvrait les rues et éclaboussait les vêtements en y laissant des
taches grasses et indélébiles.
Des maisons toutes neuves
surgissaient un peu partout, dominées par la masse de quelque énorme
immeuble, magasin ou édifice officiel, tandis que d'autres attendaient leur
tour, provisoirement rafistolées
[...] Des espaces vides laissaient dangereusement béer des caves transformées en
pièges à ivrogne [...] Tout
un village de baraquements couvrait les grandes allées de chaque côté de la
gare, en une espèce de foire,
attendant que les boutiques normales soient rouvertes. La spéculation sur les
dommages de guerre
menaçait d'abandon des espaces autrefois construits, tandis qu'elle faisait
surgir d'immenses bâtisses
commerciales hors de proportion avec le marché local, et que, des urbanistes
improvisés construisaient en
des quartiers excentriques des cités-jardins de belle apparence, au détriment
d'un centre à demi vidé de sa
population.
Quant à la cathédrale,
qui portait à sa tour de gauche les traces de l’incendie de 1914, dont la
voûte était effondrée et qui étalait partout d’innombrables blessures, il
faudrait beaucoup de dollars
généreusement donnés, de longues années de travail, et la merveilleuse patience
de son architecte, Deneux,
pour en réparer le gros oeuvre et en reconstituer les plus infimes détails … La
cathédrale était également la
grande pièce à conviction d’une des plus mémorables querelles entre la
propagande française et la
propagande allemande pendant la guerre. […] Le lycée de garçons était
complètement remis en état […]
[…] La vie est chère, et les indemnités spéciales aux régions libérées ne
réussissent pas à élever le
traitement d’un professeur agrégé à 1200 francs par mois : moins que le salaire
d’un chauffeur, qui est en
outre logé et nourri… ».
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Certains des documents
utilisés sont issus de
l'exposition du 3 au 30 avril 2010 de la médiathèque réalisée par Madame Yvette
Jaouen